Amortissement véhicule société : plafonds 2026 et règles pour optimiser votre fiscalité

Amortissement véhicule société : plafonds 2026 et règles pour optimiser votre fiscalité
Pour un artisan qui prépare son budget 2026 ou une PME qui renouvelle sa flotte, l’amortissement d’un véhicule de société reste un levier fiscal incontournable. Les règles ont changé. Le plafond standard est désormais fixé à 18 300 € pour la plupart des véhicules. Une exception majeure existe pour les modèles électriques : 30 000 €. Les utilitaires CTTE, eux, échappent à ces limites et bénéficient d’une exonération totale. Voici comment en profiter pour réduire votre imposition, avec des exemples concrets pour chaque cas de figure.
Plafond d’amortissement 2026 : ce qui change pour les véhicules de société
Le plafond d’amortissement dépend du type de véhicule et de ses émissions. En 2026, voici les règles en vigueur :
| Type de véhicule | Plafond 2026 | Conditions |
| Véhicule thermique ou hybride (non rechargeable) | 18 300 € | Émissions ≤ 192 g/km de CO₂ |
| Véhicule électrique ou hydrogène | 30 000 € | Émissions ≤ 50 g/km de CO₂ |
| Véhicule polluant (malus écologique) | 9 900 € | Émissions > 192 g/km de CO₂ |
Ces plafonds s’appliquent au prix d’achat TTC. Ils sont déduction faite des aides comme le bonus écologique. Par exemple, une voiture électrique à 40 000 € sera amortie sur 30 000 €, même si son prix dépasse ce montant.
Le malus écologique peut réduire la base amortissable. En 2026, il atteint 80 000 € pour les véhicules émettant plus de 192 g/km de CO₂. Le seuil de déclenchement est abaissé à 108 g/km. Ainsi, un véhicule neuf à 50 000 € avec un malus de 20 000 € ne sera amortissable que sur 30 000 €. Toutefois, ce montant reste dans la limite du plafond de 18 300 €.

» alt= »Tableau comparatif des plafonds d’amortissement 2026 pour véhicules de société selon leur type et leurs émissions de CO₂ »/>
Exonération totale pour les utilitaires CTTE : une opportunité à saisir
Les véhicules utilitaires de catégorie CTTE (mentionnée en case J1 de la carte grise) échappent aux plafonds d’amortissement. Leur prix d’achat peut être amorti en totalité, sans limite. Une aubaine pour les livreurs, les artisans ou les entreprises de BTP.
Pour en bénéficier, le véhicule doit répondre à plusieurs critères :
- Être immatriculé en genre CTTE (ex. : Renault Kangoo, Peugeot Partner).
- Avoir une mention CTTE claire sur la carte grise (case J1).
- Être utilisé à des fins professionnelles (au moins 50 % du temps).
- Ne pas être transformé en camping-car ou en véhicule de tourisme (mention VASP).
Exemple : une entreprise achète un utilitaire neuf à 35 000 €. Si le véhicule est immatriculé en CTTE, elle peut amortir la totalité de ce montant sur 5 ans. Cela représente 7 000 € par an de déduction fiscale. En comparaison, un véhicule de tourisme au même prix ne serait amortissable que sur 18 300 €, soit 3 660 € par an.
Cette exonération s’étend aussi à la taxe annuelle sur les véhicules de société (TVS). Remplacée depuis 2022 par deux taxes distinctes (CO₂ et polluants), elle ne s’applique pas aux utilitaires CTTE. En revanche, les véhicules de tourisme, même électriques, y sont soumis.
Calcul de l’amortissement : méthode et durée
L’amortissement se calcule selon la méthode linéaire. La durée est généralement fixée à 5 ans, soit 20 % par an. Voici la formule :
Amortissement annuel = (Prix d’achat TTC – Malus écologique) × 20 %
Prenons l’exemple d’un véhicule thermique acheté 25 000 € avec un malus écologique de 5 000 € :
- Base amortissable = 25 000 € – 5 000 € = 20 000 €.
- Plafond applicable = 18 300 € (car 20 000 € > 18 300 €).
- Amortissement annuel = 18 300 € × 20 % = 3 660 € par an.
Pour un véhicule électrique acheté 40 000 € sans malus :
- Base amortissable = 40 000 €.
- Plafond applicable = 30 000 € (car électrique).
- Amortissement annuel = 30 000 € × 20 % = 6 000 € par an.
La durée d’amortissement peut être réduite à 4 ans pour les véhicules utilisés intensivement. C’est le cas des taxis ou des VTC. Cette option doit être justifiée dans la comptabilité de l’entreprise.
Optimiser son amortissement : leviers et pièges à éviter
Pour un entrepreneur qui cherche à réduire ses charges, voici les stratégies à privilégier :
- Choisir un véhicule électrique ou hydrogène. Leur plafond d’amortissement (30 000 €) est bien plus élevé que celui des thermiques (18 300 €). De plus, ils bénéficient d’un taux de TVA récupérable à 100 % pour les utilitaires et à 50 % pour les véhicules de tourisme.
- Opter pour un utilitaire CTTE plutôt qu’un véhicule de tourisme. L’exonération totale des plafonds et de la TVS compense souvent le surcoût initial. Par exemple, un fourgon aménagé en CTTE coûtera moins cher à amortir qu’un break de tourisme, même si son prix d’achat est identique.
- Anticiper le malus écologique. Pour les véhicules thermiques, le malus réduit la base amortissable. Il peut être judicieux de choisir un modèle juste en dessous du seuil de déclenchement (108 g/km en 2026). Ainsi, vous évitez une pénalité fiscale.
- Envisager la location longue durée (LLD) ou le leasing (LOA). Ces solutions permettent de déduire les loyers mensuels en charges d’exploitation. Vous n’avez pas à vous soucier des plafonds d’amortissement. Toutefois, comparez le coût total sur la durée du contrat.
- Vérifier la puissance fiscale. Pour les véhicules sans données CO₂, la TVS est calculée sur la puissance fiscale (CV). Un véhicule de 16 CV et plus peut coûter jusqu’à 6 500 € par an en taxe. Par conséquent, cela réduit l’avantage de l’amortissement.
Un piège courant consiste à négliger l’impact de la TVS ou de l’avantage en nature. Par exemple, un véhicule de tourisme utilisé à titre privé par un dirigeant peut générer un avantage en nature imposable. Dans ce cas, un utilitaire CTTE, même plus cher à l’achat, peut s’avérer plus rentable sur le long terme. Pour en savoir plus, consultez notre guide complet sur la fiscalité des véhicules pro.

» alt= »Graphique comparant le coût total d’un véhicule de société selon son type (thermique, électrique, utilitaire) sur 5 ans »/>
Cas pratique : amortissement d’un véhicule électrique vs thermique
Prenons l’exemple d’une entreprise qui hésite entre deux véhicules pour équiper son équipe commerciale :
| Critère | Véhicule thermique (ex. : Peugeot 308) | Véhicule électrique (ex. : Tesla Model 3) |
| Prix d’achat TTC | 35 000 € | 45 000 € |
| Émissions CO₂ | 120 g/km | 0 g/km |
| Malus écologique | 0 € (seuil à 108 g/km) | 0 € |
| Plafond d’amortissement | 18 300 € | 30 000 € |
| Base amortissable | 18 300 € | 30 000 € |
| Amortissement annuel (5 ans) | 3 660 € | 6 000 € |
| TVA récupérable (50 %) | 875 € | 1 125 € |
| TVS annuelle (taxe CO₂) | 1 000 € (estimation) | 0 € |
Sur 5 ans, l’avantage fiscal du véhicule électrique est clair :
- Amortissement total : 30 000 € (électrique) vs 18 300 € (thermique). Cela représente 11 700 € de différence.
- Économie de TVS : 5 000 € (1 000 € × 5 ans) pour l’électrique.
- TVA récupérée : 1 125 € (électrique) vs 875 € (thermique).
- Coût net après 5 ans : malgré un prix d’achat plus élevé, l’électrique revient souvent moins cher. En effet, les économies fiscales compensent largement ce surcoût.
Cet exemple montre que le choix d’un véhicule ne doit pas se limiter au prix d’achat. Les économies fiscales, la TVA récupérable et les exonérations jouent un rôle clé dans le coût total de possession.
Pour aller plus loin, retrouvez nos réponses aux questions les plus fréquentes sur l’amortissement des véhicules de société ci-dessous.
Questions fréquentes
Quel est le plafond d’amortissement pour un véhicule de société en 2026 ?
Le plafond est de 18 300 € pour les véhicules thermiques ou hybrides (non rechargeables), 30 000 € pour les véhicules électriques ou hydrogène, et 9 900 € pour les véhicules très polluants (émissions > 192 g/km de CO₂). Ces montants s’appliquent au prix d’achat TTC, déduction faite des aides comme le bonus écologique.
Les utilitaires sont-ils soumis aux mêmes plafonds d’amortissement ?
Non. Les véhicules utilitaires de catégorie CTTE (mention CTTE sur la carte grise) sont exonérés de plafond d’amortissement. Leur prix d’achat peut être amorti en totalité, quel que soit son montant. Ils sont aussi exemptés de la taxe annuelle sur les véhicules de société (TVS).
Comment calculer l’amortissement d’un véhicule de société ?
L’amortissement se calcule sur 5 ans (20 % par an) selon la formule : (Prix d’achat TTC - Malus écologique) × 20 %. La base amortissable est plafonnée selon le type de véhicule (18 300 €, 30 000 € ou 9 900 €). Par exemple, un véhicule thermique à 25 000 € avec un malus de 5 000 € sera amorti sur 18 300 €, soit 3 660 € par an.
La TVA est-elle récupérable sur un véhicule de société ?
Oui, mais partiellement. Pour les véhicules de tourisme, la TVA est récupérable à 50 %. Pour les utilitaires CTTE, elle est récupérable à 100 %. Les véhicules électriques bénéficient aussi d’un taux de récupération avantageux, même pour les modèles de tourisme.
Quels sont les avantages fiscaux des véhicules électriques pour les entreprises ?
Les véhicules électriques bénéficient d’un plafond d’amortissement élevé (30 000 €), d’une exonération de TVS (taxe annuelle) et d’un bonus écologique pouvant atteindre 5 700 €. De plus, la TVA est récupérable à 50 % pour les véhicules de tourisme et à 100 % pour les utilitaires. Leur coût total de possession est souvent inférieur à celui d’un véhicule thermique.
